Découvrez les Antidépresseurs chez les Séniors : Bénéfices, Risques et Bonnes Pratiques
Introduction:
La dépression chez les personnes âgées est un trouble fréquent, mais souvent sous-diagnostiqué et sous-traité.
Les antidépresseurs jouent un rôle clé dans sa prise en charge, mais leur utilisation chez les séniors doit être adaptée et surveillée en raison des spécificités liées à l’âge.
Voici ce qu’il faut savoir sur leur importance, leurs bénéfices et les précautions à prendre.
1. Pourquoi les Antidépresseurs Sont-ils Importants chez les Séniors ?
La dépression chez les personnes âgées est souvent méconnue ou confondue avec des signes de vieillissement normal (fatigue, ralentissement, perte d’appétit). Pourtant, elle peut avoir des conséquences graves :
Les antidépresseurs aident à restaurer l’équilibre chimique du cerveau, en agissant sur des neurotransmetteurs comme la sérotonine et la noradrénaline. Ils sont souvent indispensables pour sortir d’un épisode dépressif sévère ou résistant aux autres approches.
2. Les Types d’Antidépresseurs Utilisés chez les Séniors:
Plusieurs classes d’antidépresseurs existent, mais toutes ne conviennent pas aux personnes âgées en raison de leurs effets secondaires. Voici les plus couramment prescrits :
a. Inhibiteurs Sélectifs de la Recapture de la Sérotonine (ISRS):
– Moins d’effets anticholinergiques (sécheresse buccale, constipation, confusion).
– Meilleure tolérance chez les séniors.
b. Inhibiteurs de la Recapture de la Sérotonine et de la Noradrénaline (IRSN):
c. Antidépresseurs Tricycliques (ATC):
d. Inhibiteurs de la Monoamine Oxydase (IMAO):
3. Les Bénéfices des Antidépresseurs chez les Séniors:
Quand ils sont bien choisis et bien dosés, les antidépresseurs peuvent :
Exemple : Une étude a montré que les ISRS réduisent de 30 à 50 % les symptômes dépressifs chez les séniors après 6 à 8 semaines de traitement.
4. Les Risques et Effets Indésirables:
Les antidépresseurs ne sont pas sans dangers chez les personnes âgées. Les principaux risques incluent :
À savoir : Les effets indésirables sont plus fréquents chez les séniors en raison des changements métaboliques (foie, reins moins efficaces) et de la polymédication.
5. Bonnes Pratiques de Prescription chez les Séniors:
Pour maximiser les bénéfices et minimiser les risques, voici les recommandations :
Tableau : Antidépresseurs recommandés et à éviter chez les séniors:
| Classe | Exemples | Recommandations chez les séniors |
|---|---|---|
| ISRS | Sertraline, escitalopram | Premier choix : Meilleure tolérance. |
| IRSN | Venlafaxine, duloxétine | Utile en cas de douleurs chroniques. |
| ATC | Amitriptyline | À éviter : Effets anticholinergiques marqués. |
| IMAE | Moclobémide | Réservé aux cas résistants (interactions nombreuses). |
6. Les Alternatives aux Antidépresseurs:
Les antidépresseurs ne sont pas toujours la seule solution. D’autres approches peuvent être proposées :
– Thérapie cognitivo-comportementale (TCC) : Efficace pour la dépression légère à modérée.
– Thérapie interpersonnelle : Pour travailler sur les relations et les deuils.
7. Le Rôle des Aidants et des Professionnels de Santé:
8. Que Faire en Cas d’Effets Indésirables ou de Résistance au Traitement ?
– Confusion, chutes, hallucinations.
– Symptômes de sevrage (maux de tête, nausées, vertiges).
– Aggravation de la dépression ou idées suicidaires.
– Changer de classe d’antidépresseurs.
– Associer une psychothérapie.
– Envisager une hospitalisation en cas de dépression sévère ou résistante
Conclusion:
La dépression n’est pas une fatalité liée à l’âge. Les antidépresseurs, lorsqu’ils sont bien utilisés, peuvent redonner goût à la vie. Mais ils ne sont qu’une partie de la solution : un accompagnement global, associant médicaments, thérapie et soutien social, est souvent nécessaire pour retrouver sérénité et bien-être.
Ressources utiles:

Titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un CEC de médecine d’urgence et de catastrophe avec une expérience de cinq années en tant qu’urgentiste et onze années en tant que médecin généraliste au Service de Médecine Interne et de Gériatrie au sein d’un hôpital universitaire. Dévouée à la prévention, au diagnostic et au traitement des maladies chroniques chez les personnes âgées, je fais partie actuellement des personnels de santé des hôpitaux Drôme Nord.
Bonjour Dr. Amani Jouini,
Votre article est très juste, les bonnes pratique que vous recommandez découlent également du bon sens, malheureusement il est dommage que dans certains établissements l’utilisation des psychotropes chez les séniors ne soit pas adaptée et que l’on en arrive à la situation dont je vous fait état.
Par mon commentaire, je voudrais vous faire part de mon vécu en ce qui concerne l’usage (mésusage) des psychotropes chez les personnes âgées et notamment les effets secondaires délétères qui en découlent.
Ma compagne souffre de troubles du comportement, son profil est atypique (à composante frontale) car elle ne présente pas tous les symptômes qui « normalement » signe une DFT, hormis une désinhibition et une recherche de contact. Les derniers temps elle faisait des choses qui pouvait la mettre en danger chez elle, j’avais mis en place tout ce qui pouvait la maintenir au mieux, malheureusement je n’ai pas eu d’autre choix, ne pouvant être présent à ses cotés 24h/24, elle est entré dans un EHPAD dans le Nord-Isère le 26 mai 2025. Il faut savoir qu’elle avait conservé une autonomie dans son quotidien, faisait ses mots mêlés, en comparaison aux autres résidents, elle était très autonome et active.
Au début cela se passait assez bien, j’allais en visite et la prenais régulièrement avec moi pour la changer de cette atmosphère et continuer de mener une vie la plus agréable, normale possible, tout se passait sans problème, son comportement n’était pas du tout ce que me décrivait la gériatre.
Dans le service où elle se trouvait il y avait un homme avec de graves troubles cognitifs, assez violent, il y a eu confusion du personnel, qui a au début fait passer ce monsieur pour moi, de fait il a pris ma compagne pour sa femme. Il s’en est suivi des attouchements et relations sexuels (violences…), ce avec une hygiène déplorable… et un laisser faire de la part de tous, cela les faisaient rigoler… c’était mignon, comme disait la psy !
J’ai tenté ce que j’ai pu auprès de la direction et de l’équipe soignante, avec pour seule réponse : on peut pas empêcher ces choses, la chambre du résident est un espace privé, cela ne nous regarde pas ce qu’il s’y passe, si vous n’êtes pas content, vous la changez d’établissement, dixit la directrice !
Devant l’évolution de la situation, la gériatre parlait de dépression, d’anxiété et se disait complètement dépassée, et ne voulait pas traiter le monsieur qui était constamment derrière elle (il m’a agressé 3 fois) a fait appel à un psychiatre, et là ça a été la dégringolade puis la catastrophe. Sans chercher une approche non-médicamenteuse, aucune activité ni patience, ma compagne a subit je ne sait combien de changement en peu de temps de psychotropes très puissants à des doses importantes (quétiapine, seresta, sertraline, haldol, zyprexa, paroxétine…), mélange qui n’a fait qu’aggraver et augmenter sa confusion. J’avais averti plusieurs fois sur, non seulement le danger de cette pratique, mais également sur le changement observé dans le comportement de ma compagne (dormait beaucoup, état léthargique…), depuis mi-décembre c’était désolant, elle ne mangeait presque plus, se déshydratait, ne tenait plus debout… Il est vrai que c’était plus tranquille pour les aides-soignantes… Lui rendant régulièrement visite, je voyais comment cela se passait et je les dérangeait manifestement.
L’état de ma compagne s’est dégradé à la mi-décembre, elle somnolait une grande partie du temps, risquait de chuter, etc… cela m’inquiétait. En plus, le jour de son départ le 23 décembre dernier, date de son transfert en urgence en UHR dans un semi-coma, une des femmes s’est énervée et l’a jetée sur le lit devant moi, n’arrivant à lui faire enfiler les manches d’un pull, elle était comme une poupée de chiffon !
A l’UHR, les premiers jours le médecin chef du service m’a confié qu’il ne savait pas si elle s’en sortirait, l’effet iatrogène des médicaments, l’accumulation insensée et le surdosage pour « la calmer », tout cela révèle une incompétence (la gériatre se disait complètement dépassée), un manque d’écoute et de prise en compte du danger de ces pratiques en ce qui concerne les maladies neurodégénératives, ce, malgré de multiples mises en garde de ma part, car j’avais bien vu l’impact délétère et l’effet inverse de cette médication.
De plus, il y a aussi une indifférence au sort des personnes âgées malgré les belles déclarations de la direction (bienveillance, respect…), lors de nos entretiens la seule réponse était: on ne peut rien faire pour empêcher ce monsieur, puisque quand vous l’emmenez avec vous en séjour elle est bien, prenez la avec vous ou changez d’établissement, nous on veut s’en débarrasser !
Tout cela ne peut générer que de la souffrance et de la colère car le mal est fait…. Comment refaire confiance après avoir vécu une telle situation, franchement, je ne croyait pas vivre cela un jour, c’est effrayant ! Si ma compagne n’avait pas été transférée dans cet UHR, elle ne serait plus de ce monde…
Actuellement l’unité dans laquelle se trouve ma compagne semble être adaptée, le médecin référent a bien saisi la problématique et met tout en œuvre pour stabiliser ma compagne en privilégiant une approche non-médicamenteuse, j’espère sincèrement qu’elle va s’en sortir.
Je vous remercie de votre attention,
Bien cordialement
Philippe DIET